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"Aider les familles et amis de malades psychiques"
UNION NATIONALE DE FAMILLES ET AMIS DE PERSONNES MALADES ET/OU HANDICAPEES PSYCHIQUES
UNAFAM
- UNAFAM - Délégation VAUCLUSE 84 - PACA -
-Association reconnue d'utilité publique-
   
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QUELQUES ACTUALITES NATIONALES CONCERNANT LES MALADIES PSYCHIQUES

visibles sur les sites des délégations UNAFAM 02 - 11 - 16 - 17 - 19 - 21 - 23 - 30 - 34 - 39 - 41 - 48 - 58 - 66 - 71 - 80 - 84 - 87 - 89 - 972

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Commandos anti-suicides 8 février 2006

in Libération samedi 04 février 2006 - Armentières (Nord) envoyée spéciale par Corinne HYAFIL
A Armentières, les alternatives à l'hospitalisation d'adolescents en danger existent depuis 2003. Reportage avec une équipe de psys mobiles prêts à intervenir à l'école ou à domicile.
 


SUITE DE L'INFORMATION

Devant la clinique des adolescents de l'hôpital psychiatrique d'Armentières (Nord), EPSM (Etablissement public de santé mentale) de Lille-Métropole, le trio de l'équipe d'intervention mobile est prêt à partir en urgence au domicile d'un adolescent. David a 15 ans. Il y a huit mois, il s'est jeté sous une voiture «comme ça, en une seconde». Quatre mois d'hospitalisation et de maison de convalescence. Son corps cassé en de multiples endroits a été remis d'aplomb par des corsets. Mais ses parents sont inquiets, David est très mal ces jours-ci. Hier, ont-ils expliqué, il est retourné à l'endroit même où il a été happé, dans un état second, vers le vide, une envie de... et où tout a basculé. Ils invitent le trio de l'équipe mobile de garde ce jour-là, Maud Julie, la psychologue, Philippe Poch, l'infirmier, et Vincent Garcin, le médecin chef du service de psychiatrie infanto-juvénile, à entrer dans la maison. Dans le salon, l'adolescent parle de son «envie de mourir, si (je) n'avais pas peur de faire mal à ceux qui m'aiment». Les trois adultes l'interrogent sur la scène de la veille. «J'avais pas l'intention d'y retourner, mais un événement m'a fait changer de direction.» David évoque ce SMS qui, dit-il, l'a déstabilisé et poussé vers l'endroit fatal. Puis le coup de fil qu'il a réussi «à passer à une amie» et qui l'a empêché de commettre l'irrémédiable.

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·                        «Protéger ces espaces de médiation» 

«Il est rentré dans un état de transe, je l'ai trouvé blotti au fond de son lit», décrit la mère, en proie à une incompréhension totale. Le père, lui, raconte sa recherche d'idéal quand il était adolescent, «une quête d'absolu, d'idéal et de risque. Je n'ai pas vécu ça aussi fort que lui, mais je me reconnais». Entre chaque phrase, le silence. Le médecin tente de dédramatiser. Il refait avec la famille le chemin parcouru depuis l'accident du printemps. La mère, le père et le fils sont assis côte à côte devant le mur bleu de la salle de séjour, trois paires d'yeux bleus qui fixent droit devant eux. Le docteur Garcin clôt l'entretien. Pour l'équipe, l'hospitalisation n'est pas nécessaire. Rendez-vous est pris pour le lendemain en consultation, et un atelier d'écriture est proposé à David.

Créer un lien

L'équipe d'intervention a sa base au service de psychiatrie pour enfants et adolescents de l'hôpital d'Armentières. Ce lieu, 36 hectares, destiné à accueillir jusqu'à 2 000 patients, n'en accueille plus aujourd'hui que 300. La psychiatrie a évolué. Les alternatives à l'hospitalisation ont le vent en poupe. Au fond de l'allée centrale, la clinique pour adolescents abrite l'équipe mobile qui peut intervenir en urgence partout : au domicile, dans les services pédiatriques, chez les médecins traitants, dans les centres de santé, les services hospitaliers ou même à l'école. Créé en 2003 pour aller au-devant de l'adolescent en souffrance, le projet s'est monté sur le constat qu'un jeune ne parle que rarement de sa souffrance, donc de sa violence, et que, pour éviter le passage à l'acte, il faut aller vers lui, pour créer un lien et proposer des soins. Pendant plus d'un an, tous les acteurs de la vie sociale de l'adolescent (médecin traitant, médecin scolaire, juge, éducateurs, artistes) ont été invités à venir réfléchir au projet. L'intervention à domicile, qui n'avait pas été prévue dans les réflexions préparatoires, s'est avérée essentielle et s'est multipliée. En 1994, le docteur Kannas avait créé à l'hôpital Charcot, à Plaisir (Yvelines), un service similaire pour adultes. Aujourd'hui, la mission nationale d'appui en santé mentale se félicite de la renaissance de cette idée à Armentières.

En France, le taux de tentative de suicide des adolescents est très élevé, le plus élevé d'Europe avec 5 % chez les garçons de 12 à 18 ans et 12 % chez les filles dans la même tranche d'âge. Les filles récidivent trois fois plus que les garçons, les 12-14 ans ont la palme de la récidive et, «chez les jeunes enfants l'hospitalisation pour absorption de médicaments dans neuf cas sur dix n'est pas révélée comme une tentative de suicide, prévient Marie Choquet, épidémiologiste et chercheuse à l'Inserm. La dépression est la pathologie la plus répandue chez les adolescents, le malaise est continu et il est difficile de dire ce qui est pathologique et ce qui ne l'est pas. Tout ce qu'on sait c'est qu'il y a souffrance, donc besoin d'aide». «Chez les adolescents, qui dit urgence dit crises, violences, fugues et surtout passage à l'acte, tentative de suicide», explique le docteur Vincent Garcin, concepteur du projet d'Armentières. En 2005, l'équipe est intervenue plus de 500 fois dans cette région, où presque un quart de la population a moins de 18 ans. Seulement 16 % des interventions ont conduit à une hospitalisation.

Un travail en réseau

L'intervention au cabinet du médecin traitant est aussi un des pivots de travail dans cette région française, où la tradition du médecin de famille est toujours très vivante. Le docteur Delagrande, médecin à Houplines, dit voir de plus en plus d'adolescents violents et perturbés, et de parents dépassés. «J'essaye d'abord de comprendre quel est le problème : familial, pathologie sous-jacente. Puis je joins l'équipe mobile si je trouve que ça justifie une prise en charge. Parfois, je leur passe un simple coup de fil et ça suffit pour m'aider à gérer la situation. Quand ce sont des troubles bien identifiés, avec une volonté de prise en charge, tout va bien. Ça se complique lorsque ce sont des ados hyperactifs en révolte complète. Dans ce cas-là il faut revoir la situation à vingt-quatre heures, laisser retomber le soufflé quand il retombe. Sinon, c'est l'hospitalisation. Ce qui est difficile avec l'adolescent qui est chronophage, c'est qu'on a toujours l'impression qu'on est en flux tendu et qu'on frise la catastrophe, mais en fait, des catastrophes, il n'y a en pas trop.»

L'équipe n'intervient jamais dans les foyers pour adolescents, afin de ne pas apparaître interventionniste, mais elle propose aux équipes d'éducateurs au bord de la crise de nerf et dépassés par la violence des comportements de certains adolescents une aide salutaire qui permet d'éviter parfois pompiers et urgences psychiatriques. «Tout le travail est de faire comprendre aux directeurs et éducateurs de foyer que nous sommes d'accord pour créer un relais avec eux. Et que, s'ils tiennent face à l'ado en crise, on tiendra avec eux. Dans ces lieux, les jeunes vont rejouer leur histoire de maltraitance ou d'abandon et agresser», précise Maud Julie, la psychologue. Sur cette démarche nouvelle d'aller vers l'adolescent en souffrance, le docteur Sylvie Tordjman, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à Rennes, a opté, elle aussi, pour un travail en réseau et imaginé un camping-car transformé en bureau et salle d'attente : «Nous allons là où se trouve le jeune, famille, école... et proposons des consultations sur place dans ce camping-car, qui permet d'introduire un lieu neutre.»

Formée aux Etats-Unis, elle dit avoir été séduite par l'équipe mobile d'Armentières. «Nous avons besoin de dispositifs innovants, car nous avons des familles en situation de précarité et d'isolement social qui, souvent, n'ont pas les moyens d'acheter de l'essence pour se rendre régulièrement au centre médico-psychologique.»

Elèves en danger

Cette année, à Bain-de-Bretagne, près de Rennes, une équipe mobile du centre hospitalier Guillaume-Régnier a également été mise en place pour les 10-14 ans. «Certains clignotants sont importants à repérer chez des jeunes dès l'âge de 10-12 ans : fugues, conduites d'agression répétées, physiques ou verbales, conduites d'auto-agression. Les voir le plus tôt possible permet de faire un travail thérapeutique efficace auprès du jeune, mais aussi de sa famille, et d'éviter l'échec scolaire et la déscolarisation.» Un travail d'information sur les signes de la dépression est entrepris auprès des écoles et collèges. «Nous nous présentons dans les établissements scolaires afin de demander aux médecins et infirmières scolaires ainsi qu'aux enseignants de nous aider à repérer les élèves en danger, et à mettre en place des prises en charge thérapeutique. A Bain-de-Bretagne, 37 jeunes d'un seul établissement étaient en difficulté. Si l'école ne nous avait pas alertés, ils ne seraient pas venus d'eux-mêmes nous consulter.» Un jeune sur deux leur est adressé pour des violences et des conduites autoagressives.

Si la France ne fait qu'amorcer ce dispositif d'équipes mobiles avec un travail en réseau, Américains et Canadiens l'ont mis en place depuis longtemps. Sylvie Tordjman a passé plus d'un an au Yale Child Study Center, le centre de référence aux Etats-Unis pour la violence, où elle a été sensibilisée «à cette problématique de la violence avec des préadolescents qui ont déjà commis des crimes. Parfois, un simple regard peut être interprété par eux comme une intrusion et déclencher chez eux, en retour, des passages à l'acte violents.»

A Armentières, il est 16 heures. L'équipe part au service d'endocrinologie de l'hôpital, où un adolescent diabétique a été admis il y a quelques jours. Les médecins pensent qu'il mange du sucre en cachette pour tenter de se donner la mort.

 

Sur le web

www.mda.aphp.fr/
La maison de Solenn,
les maisons d'adolescents.

Fil santé jeunes
0 800 235 236
Le Fil santé jeunes, écoute téléphonique, anonyme et gratuite.

www.filsantejeunes.com


Un tchat et des forums, de la documentation, des questions-réponses personnalisées avec des médecins et des psychologues autour
de la sexualité.

à lire

Mourir à 10 ans
de Claude Couderc
et Philippe Mazet, (Pocket).
La crise suicidaire, diagnostics et prises en charge.

Quand j'avais cinq ans je m'ai tué d'Howard Butten, («Points», Seuil).

 

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