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"Aider les familles et amis de malades psychiques"
UNION NATIONALE DE FAMILLES ET AMIS DE PERSONNES MALADES ET/OU HANDICAPEES PSYCHIQUES
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ANTILLES: Colson : la psychiatrie à la croisée des chemins 11/12/2014

Article sélectionné par Jean-Claude

France Antilles.fr

Colson : la psychiatrie à la croisée des chemins

Mercredi 10 décembre 2014
Adams Kwateh
 
En ouvrant son premier hôpital psychiatrique en 1954, après 50 ans de désert psychiatrique, la Martinique se dotait des outils modernes dans le domaine des les soins et la prise en charge de la folie. Le pionnier de cette brusque entrée de la psychiatrie chez nous était Maurice Despinoy. Il donne, à partir d'aujourd'hui, son nom à cet hôpital où il a laissé des empreintes indélébiles. Cette action de dénomination est l'un des temps forts qui marque le 60e anniversaire de la création de la psychiatrie en Martinique. Mais depuis quelques années, on assiste à ce que l'on appelle « la décolsonnisation de la psychiatrie » c'est-à-dire l'offre des soins hors des murs du site de Balata où est implanté l'hôpital psychiatrique. C'est le fruit de la sectorisation qui a consisté à répartir les différentes équipes sur des zones géographiques. C'est donc la psychiatrie au plus près de la population.
 
L'idée de la sectorisation était aussi de faire reculer la stigmatisation et d'éviter les préjugés.
Soixante ans après l'ouverture de Colson, la psychiatrie serait-elle en train d'amorcer un nouveau virage ? Tout laisse à penser que la folie tend à devenir comme une maladie chronique. Ceci explique l'ouverture d'un site à Mangot-Vulcin, au Lamentin, qui se présente comme un lieu de séjour tout à fait banal. Et, au centre-ville de Fort-de-France, tout un chacun peut aller consulter un psychologue ou un psychiatre, comme si on se rendait chez son dentiste.



SUITE DE L'INFORMATION

Colson : la psychiatrie à la croisée des chemins (suite)

Maurice Despinoy 1921-2013, fondateur et premier directeur de l'hôpital psychiatrique de Colson

« Je peux dire que, entre mon départ de Saint-Alban (1951) et le début d'Edouard-Toulouse (1961), il s'est bien passé une dizaine d'années sans que je lise grand-chose. J'étais en Martinique, dans l'intensité des relations personnelles, dans « les éblouissements de la biguine » , comme me l'avait prédit Fanon. Ma vie professionnelle, presque aussi passionnante, était tournée vers l'action, en utilisant ce minimum de connaissances acquises ultérieurement. Je me suis demandé bien plus tard, alors que j'étais invité au cinquantenaire de Colson, mieux instruit des expériences de quelques précurseurs, si j'aurais pu épargner à la Martinique la construction d'un hôpital village dans une forêt tropicale. »
 
« L'identité colsonienne » au rang de patrimoine
SOUVENIRS. Acteurs durant les heures héroïques du début de Colson, ils évoquent aujourd'hui l'esprit de solidarité familiale qui régnait au sein des équipes. Entre nostalgie et incertitudes sur le devenir de la psychiatrie, ils se félicitent d'avoir « dédramatisé la maladie mentale » dans la société.
Mercredi 3 décembre, les anciens de Colson ont fait le geste symbolisant leur action de bâtisseur de la psychiatrie. (Service de la communication du Centre hospitalier de Colson)
Sur le site de Colson, « Le Club » , situé loin des pavillons des malades, est un lieu de la mémoire sociale et culturelle. Cet espace destiné depuis des lustres aux loisirs et à la formation a retrouvé, il y a quelques jours, une ambiance de fêtes et de débats. « Empreintes des bâtisseurs » était l'intitulé de la rencontre programmée dans le cadre des 60 ans de l'ouverture de l'actuel site de Colson. Une quinzaine de personnes à la retraite, a répondu présente pour ces retrouvailles entre collègues dont les parcours professionnels se sont croisés durant 30 ans ou plus. Au final, les souvenirs ont plu, autant que les anecdotes sur la psychiatrie en Martinique.
Parmi eux, Victor Martel, devenu régisseur à l'ouverture de Colson. Sa carrière dans la psychiatrie a commencé en 1952 lorsqu'il a intégré le Quartier provisoire, l'unique endroit annexé à la Maison d'arrêt de Fort-de-France, destiné à l'accueil des malades mentaux dont on espérait la guérison. Le reste des patients était « placé » à Saint-Claude en Guadeloupe. « Je me souviens des va-et-vient par avion pour acheminer les malades en vue de leur retour en Martinique » , se souvient Victor Martel. Une fois le site de Balata complètement aménagé, Victor Martel est devenu, comme tout le reste du personnel, « un homme-à-tout-faire » , un destin qu'il partagea avec André Pont-château embauché à Colson le 1er janvier 1954.
 
« BÂTISSEURS D'UNE PSYCHIATRIE MARTINIQUAISE »
Ce dernier avait été le premier à signer un contrat d'embauche avec la direction de Colson. Avant Colson, il exerçait le métier de transporteur sur la ligne Croix-Mission à Fort-de-France vers l'ancienne route de Schoelcher. « Les difficultés pour trouver un travail fixe m'ont poussé à passer des tests pour entrer à Colson » , se souvient le nonagénaire. Autre souvenir : Josiane Arbault, entrée 15 ans après l'ouverture du site. « Je suis entrée brusquement dans la profession » , raconte-t-elle. Contractuelle à ses débuts, elle est devenue infirmière au service de neurologie. Elle termine sa carrière dans le domaine médico-social, comme cadre au Centre médico-psychologique de Trinité. Le parcours de Josiane Arbaut est parallèle à celui de René Omer employé à partir du 2 août 1970. « A l'époque, le malade mental était rejeté par sa famille, la société et le monde du travail » , regrette-t-il. René Omer se félicite de l'évolution de la psychiatrie « mécanique » qui consistait à placer tous ceux qui souffraient d'un moindre mal-être à une prise en charge basée sur le médico-social.
Là s'arrête l'évocation de l'héroïsme dans la mise en place des services de soins. S'ouvre alors l'autre Colson, celui en voie d'expansion. Une mutation qui entraîne avec elle « la mort de la grande famille colsonienne » . En des termes à peine voilés, Guy Bardol, entré en 1960, note que « toutes les expériences mises en place partent en lambeaux » . Parfois nostalgique d'une période où le personnel et leurs familles passaient ensemble l'Arbre de Noël, parfois lançant le cri comme pour appeler à la sauvegarde d'un patrimoine menacé, les anciens salariés de Colson se disent malgré tout « les bâtisseurs d'une psychiatrie martiniquaise ».
 
Guy Bardol, infirmier entré en 1960
La dénomination devrait se faire depuis les années 1960 et, que Colson s'appelle Fanon ou Dépinoy, cela n'a aucune importance aujourd'hui. L'urgence est ailleurs. Il faudrait changer la structure au lieu d'ouvrir le site de Mongot-Vulcin.
 
 Histoire d'un site
Colson, situé sur la route de Balata, doit son nom à Jean-Baptiste Charles Joseph, né à Mouzon dans les Ardennes en France, mort en 1876. Lieutenant au 4e régiment de Hussard de Waterllo, il est arrivé en Martinique en 1815. Il fera à la fois carrière en politique et comme écrivain. Il a été tour à tour conseiller municipal, membre de la société d'agriculture et d'économie de la Martinique et président du comité central pour la réorganisation du travail. Il fut poète essayiste et biographe.
AU XXe siècle, le site, caractérisé par la forte humidité, avait été utilisé comme camp de repos pour les marins, par l'Amiral Robert, alors gouverneur de la Martinique, entre 1940 et 1943. Avec la départementalisation en 1946, le projet de construction d'un hôpital psychiatrique a été lancé par le docteur Saint-Cyr, chirurgien et président de la commission santé au conseil général. Le choix a porté sur ce lieu, assez éloigné de Fort-de-France, pour accueillir les malades mentaux. Jusqu'à l'ouverture de cet édifice en 1955, les malades étaient accueillis à l'ancienne prison de France, située au 118 rue Victor-Sévère où ils disposaient d'une maison spéciale.
(Source : Madras, Editions Exbrayat).
 
Maurice Despinoy et Frantz Fanon
En décembre 2011, Maurice Despinoy nous accordait un entretien à l'occasion des 50 ans de la mort de Frantz Fanon. Extrait.
Comment avez-vous rencontré Frantz Fanon ?
J'ai rencontré Frantz Fanon lorsque j'étais responsable de l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban, où il a été nommé dans les années 50-51. Il a été mon second interne. J'ai tout de suite apprécié ses qualités, son sérieux et son intérêt personnel pour toutes choses : il se lançait dans la psychiatrie, comme dans tout ce qui l'intéressait avec beaucoup d'enthousiasme.
Très rapidement, nous avions sympathisé, nos relations ont été intenses avec de longues discussions et des confrontations d'idées. Je rappelle qu'il venait de vivre l'expérience de la dissidence, celle de la libération de la France. Il venait juste de publier son ouvrage « Peau noire, masque blanc » . On sentait en lui le choc de la rencontre du jeune Martiniquais qu'il était avec la culture française. Car jusqu'à son arrivée en France, il était porteur des valeurs universelles propagées par la métropole et il découvre subitement qu'il est considéré comme un Nègre par ceux qui l'entouraient. Mais d'autres chocs le secouaient aussi : les attitudes partiales ou simplement racistes dont il avait été témoin dans une armée au recrutement majoritairement colonial!
Aviez-vous mené des expériences médicales avec lui ?
Sur le plan du travail, je suis resté peu de temps à Saint-Alban, mais j'ai eu le temps de mettre en place des projets avec lui, notamment mon travail sur le lithium. Il avait participé à l'expérimentation de ce médicament révolutionnaire à l'époque. Il était question qu'il fasse une thèse sur le dosage du lithium dans le sang.
Mais entre-temps, j'avais l'intention de prendre un poste à la Réunion ou en Martinique. En Martinique, il s'agissait de mettre en place le projet du premier hôpital psychiatrique, après la destruction de Saint-Pierre en 1902.
Bien sûr, Frantz Fanon m'avait encouragé à prendre le poste en Martinique et avait préparé mon installation. Il envisageait lui-même de passer le concours et de venir me rejoindre en Martinique. A ce sujet, je voudrais dire que je n'ai pas été un obstacle à sa venue dans son pays, contrairement à ce que certains ont prétendu quelque temps. A l'époque il n'avait pas encore sa thèse et il avait à passer le concours.
Il avait « préparé le terrain » en Martinique ?
Je lui dois les bonnes conditions d'accueil dont j'ai bénéficié en Martinique auprès de ses amis et auprès de sa famille qui m'avait reçu chaleureusement chez elle au centre-ville de Fort-de-France. Ma période de travail en Martinique est une des plus riches et heureuses de ma carrière.
Quelques années après mon arrivée, j'obtins la création d'un poste. Fanon avait les titres nécessaires et je l'avais sollicité pour me rejoindre à Fort-de-France. Mais alors, il était dans l'enthousiasme de son engagement pour l'Algérie et il m'avait répondu qu'il était dans l'obligation de poursuivre.
Propos recueillis par Adams Kwateh, publiés dans France-Antilles du 7 décembre 2011.
 
Didier Trystram, psychiatre : « Colson est une implantation brutale »
INTERVIEW. Arrivé en 1969, à l'époque où Colson entrait dans sa phase d'adolescence, Didier Trystram est un acteur de l'humanisation de la maladie mentale. Parcours de l'un des rares psychiatres métropolitains de l'époque à être restés en Martinique.
Qu'est ce qui caractérise l'histoire de la psychiatrie en Martinique ?
L'histoire de la psychiatrie en Martinique est pratiquement unique au monde et la perception qu'on a de la maladie mentale joue un rôle important d'après cette histoire. On connaît la Maison coloniale de Saint-Pierre construite en 1838 en même temps que la France et, curieusement, sur le même modèle français. A l'époque, il y avait tout un mouvement qui avait abouti à la création des établissements pour accueillir ceux qui cherchaient le droit d'asile. Et Pinel, le concepteur des asiles, avait dit : « Nous allons leur donner le joli nom d'asile » . C'est ainsi que la Martinique a accueilli la maison psychiatrique en 1838 et bien avant la Guadeloupe qui n'en sera dotée qu'en 1870 à Saint-Claude.
Sauf que l'éruption de la Montagne Pelée en 1902 a tout détruit en quelques secondes, y compris le personnel qui était essentiellement des religieux. Donc entre 1902 et 1953, il y a eu peu de vécu de la maladie mentale.
Alors où mettait-on les fous ?
On les mettait dans une annexe de la prison, appelée le « Quartier provision » où ils étaient soignés par les gardiens de la prison, qui n'avaient pas formation médicale, et les médecins généralistes de ville faisaient des consultations par compassion. S'ils ne guérissaient pas, ils étaient envoyés par bateau en Guadeloupe. Il y a eu au moins une tentative dans les années 1930, par la suite, pour construire un hôpital à Fonds Saint-Jacques, mais le Conseil général a décliné, arguant son coût trop cher.
 
Qu'en était-il des soins : y aurait-il une méthode tenant compte des réalités culturelles ?
On peut résumer cela en disant qu'il y a eu la période avant 1838 où la folie était essentiellement réprimée car elle était une manifestation d'humanité des esclaves. Là-dessus est venu se greffer ce qui se faisait de mieux à l'époque c'est-à-dire les asiles. Et de 1902 à 1953, plus rien. Seule la folie agitée était traitée dans l'annexe de la prison de Fort-de-France. Dès lors, on peut se poser la question de savoir où passer le reste des malades. On peut supposer que les gens avaient recours aux guérisseurs et quimboiseurs.
Enfin, une autre greffe s'est produite avec l'arrivée de Despinoy.
Qu'avait-il dans « son trousseau » de travail ?
Il était venu à l'ouverture d'un poste pour lequel il était tout à fait désigné. Car Despinoy venait de Saint-Alban où l'on faisait une psychiatrie d'avant-garde, à l'instar de ce que le Professeur Henri Collomb faisait à l'hôpital psychiatrique de Fann à Dakar.
Mais à la différence de Collomb qui s'était appuyé sur les éléments culturels des populations sénégalaises, Despinoy, lui, n'a pas tenu compte des croyances populaires. Il a appliqué la psychiatrie dont il est porteur.
C'est cela que les populations attendaient de lui. Sa seule erreur, c'est d'avoir accepté le site où est installé l'hôpital Colson, car il avait été abandonné bien avant par la Marine qui l'utilisait comme lieu de repos pour ses officiers.
Il était un défricheur de talents où un héros de la psychiatrie ?
Il était à la fois au four et au moulin, si l'on peut dire. Car il avait une forte influence sur le personnel qu'il formait lui-même. Ces équipes travaillaient dans des conditions très difficiles, sans exagérer on pourrait parler à leur sujet de la période héroïque de la psychiatrie. Par exemple, le personnel s'occupait de la buanderie tout en prodiguant des soins aux malades.
L'ombre de Frantz Fanon continue à planer sur la psychiatrie dans son pays natal. Son retour en Martinique aurait-il pu favoriser une psychiatrie plus ancrée dans la réalité martiniquaise ?
Il faut rappeler que Fanon avait séjourné en Martinique, comme médecin généraliste. J'ai eu à traiter de la relation de Fanon avec la Martinique.
Effectivement, il y a eu une blessure dans la psychiatrie en Martinique : c'est que Frantz Fanon n'est pas venu travailler ici. De ce fait, la psychiatrie a été l'oeuvre des métropolitains, ce qui n'est pas le cas dans d'autres spécialités comme la pédiatrie, la cardiologie et d'autres disciplines.
A votre arrivée à Colson en 1969, quelle était la situation ?
Je suis la 3e génération de psychiatres métropolitains et le premier métro à être resté en Martinique. Ce qui m'a frappé c'est l'évidente contradictoire d'hospitalisation indigne et la compétence des infirmiers plutôt en avance par rapport à ce que j'avais connu en France. Il y avait par exemple des visites au domicile des patients. Et comme dans l'hôpital public, il n'y avait ni neurologue, ni neuro-chirurgien : tout se faisait à Colson.
Alors, les infirmiers étaient compétents pour faire des tâches physiques, car les gens qui avaient la sciatique était envoyés à Colson. J'ai beaucoup appris des patients et des populations.
 
Quelle a été l'évolution la plus marquante dans l'organisation des soins durant les 60 ans ?
La sectorisation a énormément changé l'image de la psychiatrie en Martinique. Il s'agissait de la répartition de la Martinique en zones pour l'accueil, les soins ou les consultations. De ce fait, la psychiatrie est au plus près des populations à travers les Centre médico-psychologiques (CMP). Cela permettait le travail en réseau avec les écoles, les mairies et les gendarmeries. Un secteur qui marche bien peut faire reculer le nombre de malades hospitalisés.
 
Ce système a-t-il fait reculer la stigmatisation ?
Oui, dans une large mesure. Car Colson avait une mauvaise image du fait de son éloignement et ses locaux peu attrayants vus de l'extérieur. C'est tout le contraire des locaux de la sectorisation qui se situent au coeur de la cité. Dès lors, le regard du public sur les malades change radicalement : ils deviennent des malades comme les autres. Aujourd'hui, on pourrait dire qu'avec la sectorisation, la psychiatrie est passée d'un lieu de rejet à un endroit où on peut conduire son frère, sa soeur...
 
A-t-on assisté à une croissance du nombre de patients ?
Je ne pense que pas qu'il y ait eu une implosion du nombre de malades en Martinique. La seule donnée notable est l'augmentation des cas liés au crack et au cannabis. Là également, on note qu'un secteur qui marche bien peut faire reculer le nombre d'hospitalisations, à condition qu'il y ait les moyens humains et financiers.
Qu'en est-il du domaine de la pédopsychiatrie peu connue du grand public ?
Justement, l'une des évolutions marquantes de Colson porte sur la pédopsychiatrie. Il y a 50 ans, les enfants étaient placés dans un coin, aujourd'hui ils font partie des dispositifs de soins et de prise en charge. Ce que l'on appelle la psychiatrie des enfants a été créé par Mme Lesage dans un pavillon réservé aux enfants. Le service est devenu ambulatoire et j'ai passé les 15 dernières années de ma carrière auprès des enfants. D'ailleurs, c'est par eux que j'ai commencé ma spécialisation comme interne et j'ai donc terminé dans la pédopsychiatrie dans le nord Atlantique puis le nord Caraïbe.
Entretien : Adams Kwateh
 
 
 

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