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"Aider les familles et amis de malades psychiques"
UNION NATIONALE DE FAMILLES ET AMIS DE PERSONNES MALADES ET/OU HANDICAPEES PSYCHIQUES
UNAFAM
- UNAFAM - Délégation VAUCLUSE 84 - PACA -
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QUELQUES ACTUALITES NATIONALES CONCERNANT LES MALADIES PSYCHIQUES

visibles sur les sites des délégations UNAFAM 02 - 11 - 16 - 17 - 19 - 21 - 23 - 30 - 34 - 39 - 41 - 48 - 58 - 66 - 71 - 80 - 84 - 87 - 89 - 972

Franco Basaglia    Thomas More   Delacroix   Machiavel      Pinel visitant les aliénés   Le Politique de Platon   Lucien Bonnafé le désaliéniste   l'Assemblée Nationale        

Jean-Didier Vincent : l'explorateur du cerveau in lepoint.fr 2 décembre 2007

 - Propos recueillis par Elisabeth Lévy in Le Point -
Soucieux non seulement de connaître mais aussi de soulager, le neurobiologiste poursuit son étude inlassable des comportements humains en invitant ses lecteurs à un « Voyage extraordinaire au centre du cerveau » (Odile Jacob). Mais cet humaniste sait que la machinerie, aussi sophistiquée soit-elle, ne résume pas l'homme.

(...)

Fait-on assez pour soulager la souffrance mentale ? Il n'y a pas pires atteintes pour l'homme que celles qui touchent le cerveau. Dans l'arsenal des antidépresseurs, on progresse, on invente de nouvelles molécules, des régulateurs de l'humeur. Un bon psychiatre vise directement la psyché et soulage par le discours et par l'empathie, démarche à laquelle il peut associer une approche médicamenteuse. Il faut savoir choisir, adapter la dose, suivre les effets d'un traitement. Un bon médecin est un artisan. Il est rare que l'on obtienne une guérison, mais on parvient au moins à une stabilisation en redonnant la primauté à l'intégrité psychique. Même si celle-ci est blessée, on peut aider le malade à vivre avec les autres.

Répondez, professeur : la maladie mentale a-t-elle des causes physiologiques ? Oui ! Dans toutes ces grandes psychoses, qu'il s'agisse de la schizophrénie ou de la psychose maniaco-dépressive, il y a toujours un facteur génétique sous-jacent. Mais il faut élargir l'aspect génétique à l'épigenèse proche, c'est-à-dire à ce qui se passe pendant la grossesse et les premiers jours. Ces maladies n'obéissent pas à un strict déterminisme génétique mais, contrairement à ce que l'on croyait autrefois, elles ne dépendent pas du milieu familial. Il n'existe pas de profil de parents schizophrènes. Le milieu modifie seulement le style de la psychose et pas sa nature profonde. Un psychotique enfant d'enseignants n'a pas le même style de délire qu'un psychotique enfant de paysans. Mais la psychose est la même. La souffrance est la même.(...)




SUITE DE L'INFORMATION

Le Point : Vous prétendez que votre livre peut aider ses lecteurs à connaître leur cerveau. Céderiez-vous à la mode des livres thérapeutiques ?

Jean-Didier Vincent : C'est précisément l'écueil que j'ai voulu éviter quand Odile Jacob m'a proposé d'écrire un guide du cerveau. Je ne me voyais pas fournir les adresses des psychothérapeutes ou proposer une compilation de recettes. J'ai donc pensé au Baedeker ou au Guide Bleu, ces ouvrages que l'on emporte en voyage et dont le charme est d'entasser des tonnes de détails sur un mode un peu décousu. En clair, j'ai voulu faire visiter le cerveau comme un continent inconnu.

Vous avez pourtant la chance d'être le contemporain d'avancées spectaculaires qui font que le cerveau est de plus en plus connu.

Je ne sais pas si on peut dire qu'il est connu. Il est de plus en plus exploré, mais d'une façon excessivement géographique, avec les mêmes défauts que ceux des explorateurs du XVIIIe ou du XIXe siècle, qui connaissaient un pays, mais n'en étudiaient pas les moeurs et ne voyaient pas comment fonctionnaient les sociétés. L'exploration actuelle, qui repose beaucoup sur les techniques d'imagerie, laisse penser que l'on pourrait visualiser le cerveau en action, c'est-à-dire en pensée, ce qui est une illusion totale. Moi, je veux l'explorer en anthropologue pour étudier ses moeurs, ses pratiques, son travail.

Et, au retour de votre voyage, ces moeurs relèvent-elles du psychisme ou de la physiologie ?

Des deux, évidemment. Il faut en finir avec le dualisme. Le cerveau est l'expression de l'individu qui le porte, son expression directe. Raison pour laquelle j'utilise les mots de psyché ou d'âme, qui paraissent grossiers à certaines personnes, comme Jean-Pierre Changeux. Cela dit, l'idée d'une psyché désincarnée est absurde. Epicure dit que l'âme, c'est le cri de la chair. Je dirais, pour ma part, que nous sommes un corps dont le cerveau est la capitale. Il n'y a pas de cerveau ni d'âme sans un corps. Et le cerveau est là pour en exprimer les tourments, les joies, ce que, d'une façon générale, on appelle les sentiments. Tous nos actes, toutes nos perceptions, toutes nos représentations se fondent sur de l'affect.

Aspirez-vous à faire la synthèse entre les neurosciences et la psychanalyse, entre ceux qui ne croient qu'à la biologie et ceux qui ne croient qu'à l'inconscient, la culture ou l'histoire ?

Chez l'humain, le corps ne prend son sens que parce qu'il est porteur d'une subjectivité. Si je me suis rapproché des psychanalystes, c'est parce que la subjectivité est au coeur de leur exploration, alors que les neurosciences ont évacué de l'homme le sujet. J'entends faire pour ma part une neurobiologie du sujet.

Dès lors que la subjectivité est le propre de l'homme, comment définir la singularité du cerveau humain ?

Cette question n'est pas tranchée. Sur le terrain des capacités et des performances motrices, certains animaux l'emportent sur l'homme. Je dirais que le propre de l'homme, c'est sa relation à l'autre homme, une relation fondée sur la compassion, la possibilité de se mettre à la place de l'autre. Et la grande mission du cerveau est d'aller à la rencontre de l'autre. A travers l'autre se construit un individu qui est un reflet de l'autre et ne prend possession de lui-même que lorsqu'il découvre que le corps dans le miroir est le sien. Le chimpanzé a une conscience de soi, mais elle n'est pas déterminante et hypertrophique comme celle que l'homme puise dans ses 500 grammes de cortex frontal. La psyché, c'est finalement l'ego dans tous ses états : le moi et le je.

Il est tout de même beaucoup question de chimie dans votre livre. Les neurosciences ont-elles changé notre savoir sur la maladie ?

Il y a toujours du corps. Toujours. Quant à l'apport des neurosciences, on pourrait parler d'un misérable miracle : on soulage la souffrance, mais la maladie mentale - qu'il s'agisse de la dépression, de la schizophrénie ou de la maladie d'Alzheimer, qui est la plus horrible façon de vieillir - nous reste assez énigmatique. Grâce à l'IRM, on peut repérer chez un schizophrène des atrophies de certaines régions du cerveau. Mais l'imagerie médicale ne permet qu'un accès très sommaire au fonctionnement du cerveau.

Fait-on assez pour soulager la souffrance mentale ?

Il n'y a pas pires atteintes pour l'homme que celles qui touchent le cerveau. Dans l'arsenal des antidépresseurs, on progresse, on invente de nouvelles molécules, des régulateurs de l'humeur. Un bon psychiatre vise directement la psyché et soulage par le discours et par l'empathie, démarche à laquelle il peut associer une approche médicamenteuse. Il faut savoir choisir, adapter la dose, suivre les effets d'un traitement. Un bon médecin est un artisan. Il est rare que l'on obtienne une guérison, mais on parvient au moins à une stabilisation en redonnant la primauté à l'intégrité psychique. Même si celle-ci est blessée, on peut aider le malade à vivre avec les autres.

Répondez, professeur : la maladie mentale a-t-elle des causes physiologiques ?

Oui ! Dans toutes ces grandes psychoses, qu'il s'agisse de la schizophrénie ou de la psychose maniaco-dépressive, il y a toujours un facteur génétique sous-jacent. Mais il faut élargir l'aspect génétique à l'épigenèse proche, c'est-à-dire à ce qui se passe pendant la grossesse et les premiers jours. Ces maladies n'obéissent pas à un strict déterminisme génétique mais, contrairement à ce que l'on croyait autrefois, elles ne dépendent pas du milieu familial. Il n'existe pas de profil de parents schizophrènes. Le milieu modifie seulement le style de la psychose et pas sa nature profonde. Un psychotique enfant d'enseignants n'a pas le même style de délire qu'un psychotique enfant de paysans. Mais la psychose est la même. La souffrance est la même.

Certaines activités, comme l'alimentation, peuvent être une source de plaisir ou de destruction. Comment passe-t-on de l'un à l'autre ?

L'encombrement de l'hypothalamus permet de comprendre ce qui fait de la nourriture un art ou une torture. L'alimentation est l'un des comportements les mieux équipés sur le plan sensoriel. Mais un besoin de manger excessif peut déboucher sur l'obésité. L'obésité est une maladie du cerveau. Les cellules graisseuses sécrètent des hormones, dont la fameuse leptine qui va directement contrôler le centre de la faim. Et la leptine agit aussi sur les hormones qui commandent les glandes sexuelles. Donc, même notre comportement sexuel est affecté par le poids. Attention, je ne fais pas un plaidoyer pour les femmes un peu enveloppées qui feraient mieux l'amour que les maigres [ sourire ]. La biologie n'est pas aussi simpliste.

Justement, parlez-moi d'amour, professeur. Allez-vous encore tout dépoétiser et expliquer que, quand on tombe amoureux, on sécrète telle ou telle substance ?

Oui, il y a une chimie de l'amour. Prenons le cas d'Héloïse et Abélard. Avant l'événement (la castration), leur correspondance est l'une des plus sublimes qui soient. On lui coupe les testicules alors qu'il est encore jeune (au passage, plus on vous castre tard moins cela affecte votre libido). Et ensuite, il lui donne des conseils froids sur la façon de gérer son couvent, alors qu'elle le désire passionnément. Elle n'a pas changé, elle l'aime de toute son âme, c'est-à-dire de tout son corps. Le désir en soi est une réaction corporelle qui n'a rien de sublime.

On ne tombe tout de même pas amoureux pour des raisons chimiques !

L'amour ne fait pas exception. On commence à comprendre la mécanique du désir, et notamment du désir sexuel, avec les neurones qui lui sont attachés, mais la relation à cet autre singulier que suppose l'amour reste l'ineffable et mystérieux rapport de deux êtres.

Voilà qui est rassurant. Et a-t-on percé le mystère de la pensée ? Sait-on ce qu'est un cerveau génial ?

Pas vraiment. Les neurosciences tâtonnent à égalité avec Bergson et quelques autres. Elles nous aident à comprendre ce qui se passe dans le chaudron de sorcière avec les dopamines et le reste, mais on ne peut pas mettre Hölderlin en équations. Ce qui est sûr, c'est que la psyché est une ouverture au monde et une ouverture aux autres. On ne peut rien tirer de soi-même. On n'apprend pas à parler sans les autres. On ne fait pas d'art sans l'autre.

Vous refusez de croire en un humain intégralement déchiffrable. Vous êtes un indécrottable humaniste...

Je n'ai pas honte de me dire humaniste. Les neurosciences ne valent que par ce qu'elles apportent. Nous pouvons faire de grands progrès dans les relations entre la société et le malade. J'en profite pour affirmer que juger les psychotiques est un attentat contre la justice. On ne juge pas les malades, on les soigne

« Voyage extraordinaire au centre du cerveau » (Odile Jacob, 456 pages, 27 E).

Jean-Didier Vincent

1935 : naissance à Libourne (dans les vignes de Pomerol)

1965 : devient professeur de neurophysiologie

1969-1970 : chercheur au Brain Institute (Californie)

1986 : « Biologie des passions » (Odile Jacob)

1990 : « Casanova, la contagion du plaisir » (Odile Jacob)

1990 : fonde l'institut de neurobiologie Albert-Fessard, spécialisé dans les maladies du sommeil (CNRS)

1990 : professeur à l'Institut universitaire de France et au CHU Paris Sud

1996 : « La chair et le diable » (Odile Jacob)

2006 : « Désir et mélancolie » (Odile Jacob)

1935 : naissance à Libourne (dans les vignes de Pomerol)

1965 : devient professeur de neurophysiologie

1969-1970 : chercheur au Brain Institute (Californie)

1986 : « Biologie des passions » (Odile Jacob)

1990 : « Casanova, la contagion du plaisir » (Odile Jacob)

1990 : fonde l'institut de neurobiologie Albert-Fessard, spécialisé dans les maladies du sommeil (CNRS)

1990 : professeur à l'Institut universitaire de France et au CHU Paris Sud

1996 : « La chair et le diable » (Odile Jacob)

2006 : « Désir et mélancolie » (Odile Jacob)

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